Comment rendre hommage?

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Comment rendre hommage?

Vincent Pradel Fernandes No Comment
Actu La presse écrite
Par Valentine Caçat

Vendredi 13 novembre, des hommes ont attaqué Paris et ses parisiens en son centre, dans des lieux de rencontre, de réunion, dans des lieux où des jeunes, des moins jeunes, des gens simplement sortis pour boire un verre, ou pour voir un concert, bref, des gens qui profitaient de leur vendredi soir, ont été tués. Le nombre de victimes nous a fait prendre conscience à quel point nous pouvons être vulnérables, dans notre propre pays.

Même à 10 000 kms de la métropole, nous, Réunionnais et Français, mais surtout hommes et femmes, sommes choqués. Vraiment choqués. Nous avons rendu hommage, à différentes échelles et de différentes manières mais avec la même intention au fond et c’est ce dont nous allons parler aujourd’hui.
L’État a déclaré le deuil national pendant 3 jours. Le deuil national, ce n’est pas quelque chose de vraiment légiféré, il n’y a aucun texte définissant clairement le protocole. Les drapeaux ont été mis en berne, c’est-à-dire à la moitié de la hauteur du mât, durant ces trois jours.

À une plus petite échelle, les médias qui ont relayé ces tragiques événements ont aussi tenu à rendre hommage. À France Inter par exemple, toute l’équipe a réalisé cette minute de silence pendant l’émission du 16 novembre. C’est quand même étonnant d’allumer sa radio et de n’entendre que le silence… Un vrai silence, pas celui entrecoupé de toux, pas celui gêné dans une conversation… Non. Le silence de chagrin. Le silence de rage. Le silence d’hommage. Le silence qui dit qu’on ne veut plus que cela se reproduise. Et pas le silence de la peur et de la soumission.

Écouter le silence à la radio, c’est pas commun.

Et puis nous, lycéens des quatre coins de l’île, nous avons rendu hommage aussi dans nos établissements le lundi 16 novembre. Au lycée St Exupéry des Avirons, élèves et professeurs se sont habillés en noir et ont aussi réalisé une minute de silence. Au lycée de Pierre Poivre de Saint-Joseph où nous enregistrons en ce moment-même, nous avons aussi observé une minute de silence, habillés en noir, bleu, blanc ou rouge. Mais en plus de la minute de silence, nous avons écouté le discours du président du CVL préparé le jour-même. Une Marseillaise d’abord hésitante mais ensuite ferme a résonné. Chanter la Marseillaise, c’est quand même une chanson guerrière, des paroles sanglantes, un texte comme hors du temps pour nous autres, enfants du XXIème siècle… C’est ce qu’un élève du lycée Evariste de Parny de Saint Paul (Plateau Caillou) m’a affirmé, je cite :  »la Marseillaire, je ne l’ai pas chantée car même si elle représente la France, je ne suis pas d’accord avec ses paroles ».

Sujet qui porte à débat, les symboles ont été utilisés partout, que ce soit sur les réseaux sociaux, dans les médias, dans les écoles, partout.

Alors comment concilier l’envie de rendre hommage et des convictions aux antipodes du Front National, un parti qui s’est largement emparé de ces symboles ?…