Focus Komidi 2018: rencontre avec David Nathanson

Focus Komidi 2018: rencontre avec David Nathanson

Sophie Costantini No Comment
Culture Focus La presse écrite Théâtre
Image à la Une: David Nathanson et Camille Demoures en bord de scène à Vincendo

Komidi, c’est du théâtre. C’est aussi de belles rencontres… David Nathanson, de la compagnie les Ailes de Clarence a eu la gentillesse de répondre à nos questions… Il jouait L’écorce des Rêves, un spectacle jeune public, paraît-il. Mais on a vu quelques adultes qui étaient tout chamboulés après le spectacle… 😉

Pourriez-vous vous présenter rapidement?

Je m’appelle David Nathanson. Je suis comédien et metteur en scène et j’ai créé au siècle dernier la Cie Les Ailes de Clarence qui a pour vocation de mettre en avant des textes contemporains.

Vous êtes au festival Komidi pour l’Ecorce des Rêves : en quelques mots, qu’est-ce que ça raconte ?

l'écorce des rêves

L’écorce des rêves, c’est l’histoire d’une petite fille de 8 ans, Louise, dont le père est mort. La nuit elle le convoque dans ses rêves et ils font ensemble toutes les choses qu’il n’ont pas eu le temps de faire de son vivant : des choses essentielles comme par exemple aller sur la lune ou bien griller des marshmallows au coin du feu.

Etes-vous un auteur et comédien pour jeune public exclusivement ?

Non dans le cadre de ma compagnie, c’est la première fois que je monte un spectacle jeune public. C’est quelque chose qui me tenait à cœur à ce moment-là de ma vie. Sans doute parce que je suis moi même père d’une ancienne petite fille de 8 ans et que j’avais envie de raconter la relation imaginaire entre un père et sa fille.

Dans votre spectacle, il est beaucoup question de chansons : est-ce un moyen privilégié pour vous, quand on s’adresse au jeune public, de faire passer un message, ou de raconter une histoire ?

Je crois que c’est un bon moyen dans l’absolu, pas seulement pour le jeune public. Le fait est que j’ai un rapport assez fusionnel avec la musique et qu’il me semble assez naturel d’en mettre dans mes spectacles. Si j’en avais eu les moyens techniques, j’aurais d’ailleurs rêvé d’être chanteur.

Y a-t-il une partie autobiographique dans cette histoire ?

Hormis le fait que je ne sois pas mort, tout est absolument autobiographique. Ce que je veux dire c’est qu’il me semble assez vain de chercher à écrire autre chose que ce que l’on est soi-même. Et même si l’on passe par le prisme de la fiction, on en revient toujours à soi. En l’occurrence, ma paternité m’a bien aidé à imaginer cette relation.

Votre pièce parle de l’absence du père. De la mort. Du manque. Diriez-vous que c’est une pièce qui fait pleurer ?

Ça c’est au spectateur de le dire. La seule chose que je sais c’est qu’on a essayé d’y mettre beaucoup de légèreté. Ce sont d’ailleurs les adultes qui sont le plus émus. Les enfants eux voient plus le premier degré de l’histoire et s’en amusent.

Nous savons que vous venez souvent à Komidi : qu’est-ce qui vous attire chez nous ?

La chaleur, la générosité, le rhum, le volcan, et surtout un festival qui ne ressemble à aucun autre.

Et sinon, selon vous, l’illusion créée par le théâtre éloigne-t-elle le spectateur de la vérité ou lui permet-elle de s’en rapprocher ? (wesh, c’est pour ma dissert)

Je dirais que le théâtre amène les spectateurs à trouver leur vérité. Qui n’est donc pas la vérité. C’est d’ailleurs pour ça que je me méfie beaucoup des spectacles “à message” qui tente d’imposer leur vérité

Pouvez-vous nous dire l’origine du nom de votre compagnie ?

Cela vient du film “La vie est belle” de Franck Capra dans lequel un Ange-Gardien, Clarence, tente d’obtenir ses ailes en essayant de sauver le personnage joué par James Stewart”

A 20 ans je trouvais que c’était une bonne référence pour une compagnie de théâtre. Vingt-six ans plus tard je le pense toujours.

Merci beaucoup pour vos réponses. Et pour le plaisir, un petit extrait musical. (Et un bisou à Sacha)