FOCUS TAIWAN: Bouillon de culture et lanterne céleste…

FOCUS TAIWAN: Bouillon de culture et lanterne céleste…

Sophie Costantini No Comment
Focus La presse écrite

C’est notre envoyé spécial Lucas Marcel qui poursuit le récit des aventures de nos sinisants en Chine. Entre poissons, pieds doux, odeur de pet, lanternes de couleurs et confection de fraise, Lucas joue avec les 5 sens…

Mercredi 12/10

Au programme : opéra chinois et Mémorial de Sun-Yat-Sen

 Un matin à se réveiller tôt ! 5 h 45 ! Heureusement que ma mère d’accueil Cécilia a concocté un délicieux petit déjeuner.

Je quitte la maison à 6 h 30. Une première de cours de chinois m’attend dans la classe de mon correspondant. Mais c’est une évaluation pour les élèves de la classe. Profitons-en pour nous reposer un peu. A la fin du cours, la professeure a donné des gâteaux aux élèves ayant obtenu plus de 17/20. Technique de récompense quelque peu étrange !

Les heures suivantes, notre groupe se retrouve dans une immense salle climatisée avec 4 écrans et vidéoprojecteurs aux quatre coins de la salle. Le cours est consacré à « l’opéra chinois » dispensé par Mme Wang. C’était très intéressant, j’ai pu apprendre de nouvelles choses sur la culture chinoise et voir que des hommes pouvaient jouer des rôles féminins et inversement. Nous avons aussi pu nous exercer à reproduire certaines scènes typiques en tentant de « compter des poulets » simplement avec des gestes.

L’après-midi, direction le Mémorial consacré à Sun-Yat-Sen (1866-1925), «  le père de la Chine moderne ».  Une immense  statue trône au milieu d’un gigantesque hall surveillée par deux gardes ne bougeant pas d’un poil pendant une heure. A la fin ce chaque heure, c’est la relève de la garde, impressionnante cérémonie musclée et bien rythmée.

A quelques blocs d’immeubles de là se trouve le quartier artistique de Songshan et des magasins  très chics. Je me suis contenté d’acheter un smoothie et nous avons rencontré une vendeuse taïwanaise  qui parlait français, ce qui est plutôt rare ici.

Jeudi 13/10

Fraise à Yong-Chun. Bois, soufre et culture aborigène à Beitou.

 Ce matin : visite de la bibliothèque et séance en salle informatique. Puis cours d’artisanat. On apprend à confectionner une fraise avec des perles et un fil à hameçon. Malgré les explications et les schémas de Mme Chou notre professeur, c’est très, très dur.

Déjeuner à midi. On a tous un plateau ou une gamelle et on va se servir dans une salle. On peut rester y manger à la même table que les professeurs  ou bien aller dans les salles de classe.

La sortie de l’après-midi nous amène à Beitou. Bus, métro et train pour y arriver. A chaque fois, deux ou trois professeurs-assistants du lycée nous accompagnent en plus de Mme Tang-Ting et de M. Corre. Le quartier de Beitou est original : on y trouve une grande bibliothèque tout en bois au milieu d’un  petit parc de verdure. C’est aussi un haut-lieu d’attrapage de Pokemon, que l’on soit jeune ou moins jeune !

Le quartier de Beitou, c’est aussi ses sources d’eau chaude. Le bassin et la petite cascade sont magnifiques. L’endroit m’a rappelé le parc Yellowstone aux Etats-Unis. Avec la même odeur « coup de pet » pour les intimes.

A quelques mètres de là, un musée dédié à la culture aborigène taïwanaise. J’ai vraiment adoré cet endroit. Originaires de l’Asie du sud-est, les Aborigènes taïwanais sont arrivés dans l’ile il y a plus de 3000 ans. Ils font partie du groupe des Austronésiens auxquels sont rattachés  les Polynésiens et les Malgaches proches de chez nous. Ainsi j’ai l’impression de retrouver une partie de mes origines !

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Jeudi 14/10

Musée de Yilan, poissons cannibales et lanternes volantes

 Aujourd’hui excursion , plus précisément dans la région de Pingxi. Un beau soleil nous accompagne enfin après les fortes pluies du début. Un musée encore !

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Son architecture en plans inclinés est étonnante, elle rappelle le toit des maisons traditionnelles. Mais ses matériaux sont modernes. Consacré à l’histoire de la région et tous ses aspects géologiques, botaniques, économiques, ce musée est riche en informations.

Afin de prendre soin de nos petits pieds soumis à rude épreuve lors de nos visites de musée, l’équipe pédagogique du lycée avait ensuite prévu de nous envoyer nous faire dévorer les pieds par des petits poissons. C’est une pratique populaire en Asie. Les poissons mangeurs de peaux mortes sont des « Garra rufa »et provoquent une sensation étrange et dérangeante mais à la fin je n’ai pas été déçu. La peau de mes pieds est d’une douceur incomparable.

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La journée s’est poursuivie dans le village de Shi-Fen, une ancienne gare nichée dans la montagne pour une activité vraiment insolite. L’envoi de lanterne dans le ciel.

Quelques mots d’explications : chaque lanterne en papier de riz se compose de quatre faces de couleurs différentes qui ont chacune une signification différente. Par exemple : le rouge symbolise le bonheur, le bleu c’est l’espoir, le jaune la fortune.

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On écrit ensuite à l’aide d’un pinceau les vœux les plus chers. Pour ma part, j’ai écrit en chinois: « Faites que l’argent disparaisse ! ».

Répartis en 6 groupes, nous avons procédé à l’envol de ces lanternes sur une voie ferrée toujours en activité. Le vendeur des lanternes a mis le feu au brûleur de cire, nous a demandé de retenir la lanterne quelques instants puis l’engin céleste a pris son envol.

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La pluie s’est remise à tomber après notre petite cérémonie. Peut-être avons-nous oublié de souhaiter le beau temps !

Je vais terminer par une anecdote vraiment intéressante. Lors de notre promenade dans Shi-Fen, nous avons tous repéré un magasin de chaussures que nous avons dévalisé ! (Comme quoi, finalement, l’argent, c’est pas si mal??? ndlr :-))