France vs Espagne: le match des systèmes scolaires…

France vs Espagne: le match des systèmes scolaires…

Sophie Costantini No Comment
Focus La presse écrite
Par Léa Lebon

Chaque étudiant tend à exceller dans toutes les matières afin d’obtenir le dernier diplôme : le Baccalauréat. Mais il est bien plus compliqué que l’on ne pense d’atteindre cet objectif, sachant que le système éducatif n’est pas le même sur chaque territoire. Cécile Labattut a été assistante Comenius pendant l’année 2009 – 2010 à Castellon de la Plana en Espagne. Elle a travaillé dans un établissement public d’enseignement secondaire : El instituto de educacion segundaria. Dans cet article, elle nous explique comment se déroulent les cours en Espagne.

L’Espagne joue la longueur contrairement à la France qui garde un rythme très soutenu !

Comment sont organisés les temps scolaires en Espagne (année, semaine, journée) ?

L’année scolaire débute la première semaine de septembre et se termine l’avant-dernière semaine du mois de juin. La majorité des journées commence à 8 heures 25 et se termine à 14 heures 10, cependant il se peut que des classes aient un cours supplémentaire entre 14 heures 30 et 15 heures 20. Un cours dure 50 minutes. Il y a une longue récréation entre 10 heures 55 et 11 heures 20 au cours de laquelle tous les élèves et les professeurs prennent une collation assez conséquente (sandwich, biscuits et café…) : el almuerzo. Il ya une cafétéria qui propose boissons chaudes, froides, pâtisseries, sandwichs…

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C’est une coupure qui scinde la journée de six heures en deux, jugée obligatoire. Certains professeurs ou élèves en profitent afin de s’y retrouver dans des activités spéciales (petites réunions ponctuelles, répétitions de chorale, travailler ou rattraper des devoirs en retard). Puis, arrive l’heure du repas qui a lieu entre 14 heures et 15 heures 30, après les cours. La cafétéria permet aux professeurs qui le veulent de rester déjeuner à 14 heures.

Y-a-t-il des activités périscolaires et sous quelle forme ?

De nombreuses activités sont à la disposition des élèves telles que chorale vocale et instrumentale, club de théâtre, activités sportives de basket et de handball. Celles-ci sont optionnelles, gratuites et ont lieu à partir de 15 heures 30, après la pause déjeuner. Mais encore, certains établissements offrent un éventail de langues assez large. Une somme modérée est cependant demandée pour s’y inscrire (de l’ordre de 50 euros). Une sélection doit être faite à l’entrée et le niveau de l’élève est évalué à chaque fin d’année scolaire. On peut s’y inscrire d’une année sur l’autre à condition d’avoir réussi l’examen final (examen oral, examen d’expression écrite, examen de grammaire).

Quelles sont les singularités / spécificités de ce système éducatif par rapport au système scolaire en France ?

Si l’on regarde de plus près, l’Espagne n’a que 5 heures de cours par jour par rapport à la France qui n’a qu’en moyenne 6 heures allant jusqu’à 9 heures pour ceux qui choisissent des options. Pour ce qui est des matières, nous observons encore des différences. Mathématiques, langues étrangères, sciences naturelles, sport… tout est au programme, ajouté à cela la religion. Étonnant n’est-ce pas ?

En ce qui concerne les classes de langues, cette possibilité produit un groupe d’élèves avec des niveaux hétérogènes, compliqué à enseigner, obligeant l’enseignant à diversifier les exercices.

La seconde différence, c’est qu’il n’y a pas d’examen du baccalauréat, celui-ci est évalué par contrôle continu. Je trouve cette spécificité plus juste puisqu’elle récompense les élèves assidus et évite les échecs, dus parfois au stress de l’examen. Par contre, les bacheliers qui souhaitent entrer à l’université sont soumis à une épreuve sélective de culture générale. C’est une façon de familiariser l’élève aux examens et de vérifier les motivations et les compétences de celui-ci pour poursuivre des études.

Enfin, le fait que les élèves ne changent pas d’établissement depuis leur année de 1ESO (équivalente à la première année du collège en France) et ce, jusqu’à l’année du baccalauréat, évite la rupture qui existe en France entre la troisième et la seconde, qui est souvent source d’échec et de malaise pour les élèves. »

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La France à l’opposé de ce qu’il faut faire?

«Les pays qui ont les meilleurs résultats aux tests Pisa comme le Japon, la Finlande ou la Suède, ont beaucoup moins d’heures et elles sont plus dispersées, souligne Claude Lelièvre, historien de l’éducation. Un élève français passe 142 jours par an en classe contre 190 en moyenne dans les pays de l’OCDE. En un siècle, on a perdu un tiers du temps d’école.» «A l’école, tout est compressé, les élèves n’ont pas le temps de respirer, poursuit René Clarisse, chronopsychologue. Il faut laisser le temps au temps.»

«Mon enfant se plaint tous les soirs des devoirs qui l’attendent ; fatigué, il reprend son travail de 8h et le poursuit jusqu’à 23h ! Où sont passées les 10 heures de sommeil dont a besoin un enfant, si en plus de ça, il se lève à 6 heures ?» déclare une mère réunionnaise.

Les emplois du temps surchargés mais aussi la déconnexion totale entre les temps scolaires et les rythmes de l’enfant sont responsables, au moins en partie, de l’échec, des phobies scolaires et du rejet de l’école par les enfants en difficulté. Il faudrait donc réorganiser l’année, la semaine mais aussi la journée.

*NOTE : Le programme PISA (acronyme pour « Program for International Student Assessment » en anglais, et pour « Programme international pour le suivi des acquis des élèves » en français) est un ensemble d’études menées par l’OCDE et visant à la mesure des performances des systèmes éducatifs des pays membres et non membres.